Philip Kerr – Une douce flamme

4 09 2012

Quatrième de couverture :

« 1950. À la fin de La Mort, entre autres, embarqué sous un faux nom pour l’Argentine avec Adolf Eichman, Bernie Gunther va y retrouver le gratin des criminels nazis en exil. Ayant révélé sa véritable identité au chef de la police de Buenos Aires, il constate que sa réputation de détective l’y a précédé. Une jeune fille est assassinée dans des circonstances atroces, et Bernie se dit que cette affaire ressemble étrangement à une enquête non élucidée qui lui avait été confiée lorsqu’il était flic à Berlin sous la république de Weimar. Soupçonnant l’un des très nombreux nazis réfugiés dans sa ville, le chef de la police, sollicite l’aide de Bernie qui accepte sans grand enthousiasme. Une série de flash-backs nous ramènent à Berlin en 1932, éclairant les progrès de ses investigations, qui posent d’embarrassantes questions sur les rapports entre le gouvernement de Pern et les nazis. »

Mon avis :

Dans ce cinquième tome, Bernie reprend du poil de la bête. On retrouve un Bernie comme on l’aime. Mais cette fois, en Argentine !

Philip Kerr, une fois de plus, m’impressionne avec ses références historiques. A travers ce tome, j’ai appris énormément de choses sur la fuite des Nazis en Argentine et sur le fait qu’ils étaient accueillis à bras ouverts.

Philip Kerr fait référence à un élément très troublant par rapport au rôle joué par l’Argentine dans l’extermination des juifs. L’auteur insiste bien sur le fait que rien n’a pu être prouvé. Mais cela permet de poser la question.

« Hôtel Adlon » est dans ma PAL et je suis impatiente de le découvrir. Cette saga n’est pas prête de quitter ma PAL.

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Philip Kerr – La mort entre autres

4 09 2012

Quatrième de couverture :

« 1949. Munich rasée par les bombardements et occupée par les Américains se reconstruit lentement. Bernie Gunther aussi : redevenu détective privé, il vit une passe difficile. Sa femme meurt, il a peu d’argent et surtout, il craint que le matricule SS dont il garde la trace sous le bras ne lui joue de sales tours. Une cliente affriolante lui demande de vérifier que son mari est bien mort, et le voici embarqué dans une aventure qui le dépasse. Tel Phil Marlowe, et en dépit de son cynisme, Gunther est une proie facile pour les femmes fatales. L’Allemagne d’après-guerre reste le miroir de toutes les facettes du Mal et le vrai problème pour Gunther est bientôt de sauver sa peau en essayant de sauver les apparences de la morale. Atmosphère suffocante, hypocrisies et manipulations, faits historiques avérés façonnés au profit de la fiction : du Philip Kerr en très grande forme. »

Mon avis :

Dans ce quatrième tome de la saga qui a commencé avec « La Trilogie Berlinoise » (ce premier tome regroupe trois tomes), Bernie n’est pas du tout épargné par son auteur. On a l’impression de retrouver un détective qui a hiberné quelques temps et qui a du mal à retrouver ses marques. Bernie est berné à plusieurs reprises et on se demande quand il va enfin se réveiller.

Philip Kerr n’a rien perdu de son écriture et ses recherches historiques sont vraiment pointues. On ne s’ennuie pas et c’est toujours un vrai bonheur de suivre Bernie à travers une partie de l’Histoire.

Ici, nous sommes juste au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale en pleine Bavière et on découvre le réseau mis en place par les Nazis pour s’enfuir de l’Allemagne. C’est en ça que Philip Kerr m’impressionne. Je suis à chaque fois fascinée pas les informations historiques qu’il introduit dans ses romans. Je suis impressionnée par ses recherches.

Je n’ai qu’une seule chose à vous dire : « Je suis impatiente de lire la suite « Une douce flamme »  ».





Louis-Ferdinand Céline – Voyage au bout de la nuit

23 04 2012

Quatrième de couverture :

« – Oh ! Vous être donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…

–   Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… je ne pleurniche pas dessus moi… je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir. »

Mon avis :

Quand on sort d’une lecture telle que celle-ci, on est un peu patraque. C’est de la littérature de très haut vol. Il faut vraiment prendre le temps de la savourer page par page, paragraphe par paragraphe, mot par mot, lettre par lettre. C’est extrêmement sombre mais tellement bien écrit. C’est tout simplement magnifique.

Il y a beaucoup d’éléments autobiographiques de Louis-Ferdinand Céline dans le personnage de Ferdinand Bardamu. On ressent un vif mal-être de l’auteur dans le texte et ce mal-être est traduit de manière très angoissante, sombre, ça fout le cafard. Cependant, la poésie du texte atténue, en quelque sorte, cette angoisse.

On a une vision de la vie humaine telle que la voyait Louis-Ferdinand Céline, c’est loin d’être tout beau mais la description est, on ne peut plus, réelle. Toutefois, Céline fait preuve de beaucoup de tendresse avec les personnes âgées et les enfants.

Si vous avez le cafard, ne lisez pas ce livre, ou du moins attendez un peu sinon vous allez littéralement vous enfoncer. Pour vous donner un aperçu du sombre de ce livre, référez-vous au passage qui suit :

Extrait p. 418 (Editions Folio)

« La grande fatigue de l’existence n’est peut-être en somme que cet énorme mal qu’on se donne pour demeurer vingt ans, quarante ans, davantage, raisonnable, pour ne pas être simplement, profondément soi-même, c’est-à-dire immonde, atroce, absurde. Cauchemar d’avoir à présenter toujours comme un petit idéal universel, sur-homme du matin au soir, le sous-homme claudicant qu’on nous a donné. »

Book club du Bozar à Bruxelles du jeudi 22 mars 2012

Louis-Ferdinand Céline a écrit son premier roman en 1930 à l’âge de 36 ans.

Mystère/énigme de « Céline » : il a une vision qui arrive à brosser des vérités de manière succincte.  Nabokov avait dit « les meilleurs romans sont des contes de fées. » Dans la biographie de Céline, on retrouve beaucoup les fées d’une féérie noire.

Dans « Voyage au bout de la nuit », l’expérience de la Grande Guerre de Céline est primordiale car elle a un impact sur le désenchantement. Il n’y a pas de tentative d’embellissement de la réalité, Céline a plutôt tendance à la noircir.

Biographie de Céline (dans les très grandes lignes) : sa mère travaillait dans la dentelle et son père dans les assurances, Céline semble avoir souffert de la pauvreté de ses parents, « Mort à crédit » est une autobiographie. (Cette version de la bio de Céline a été niée en bloc par Marc Hanrez qui était présent lors de ce book club).

Bon à savoir : Céline est l’écrivain préféré d’un certain Nicolas Sarkozy !

Céline est indissociable des pamphlets antisémites violents qu’il a écrit et qui sont d’ailleurs toujours interdits en France.

Lila Azam Zanganeh pose des questions à l’assemblée :

–          Est-ce qu’on peut distinguer l’auteur antisémite de l’auteur fabuleux ?

–          Est-ce qu’on peut distinguer l’homme de l’artiste ?

Marc Hanrez s’est emporté et a été limite insultant (à mon goût et je risque de ne pas me faire que des amis en écrivant ceci. J’assume.). Lila a répondu que « parler d’un écrivain dans un contexte culturel (années 30) n’est pas la même chose que de parler d’un assassinat de masse dans un contexte culturel (années 30). » et les écrits antisémites de Céline ne sont en aucun cas excusables !

L’incident clos. Marc Hanrez explique quelques éléments concernant Céline : Il faut remonter à la guerre 14-18 où Céline a été blessé et a surmonté sa germanophobie. Céline ne voulait plus d’une guerre « européenne » (synonyme de « Civile ») à C’est la France qui a déclaré la guerre à l’Allemagne. Céline voulait éviter la guerre France – Allemagne car il savait que la France était perdante. Marc Hanrez ne veut pas défendre Céline, juste expliquer le contexte.

Lila Azam Zanganeh explique que Céline était atteint de paranoïa et ses enfants ont souffert de maladies mentales. Un de ses petits-enfants souffre aujourd’hui de maniaco-dépression. Le tournant antisémite a eu lieu à son expérience à la Société des Nations. Céline a une écriture systémique : il glisse de l’oralité dans l’écriture.

Le personnage de Bardamu est un héro qui se heurte à la laideur du monde, c’est une victime.

Extrait pp. 159-160 (dans l’édition Folio) : Bardamu pose un geste envers son ami comme s’il veut le rassurer.

L’angoisse est décrite de manière très prenante, c’est un générateur d’angoisse.

D’après Marc Hanrez, Céline est un auteur hautement comique. Céline est drôle par la forme de langage. Les aspects lumineux de ses écrits sont les enfants et les vieilles personnes.

Extrait pp. 504-505 (dans l’édition Folio) : Fin. Un univers qui se clôt comme dans les dessins animés où ça se rétrécit. C’est de la poésie à l’état pur, c’est un monde en suspension. C’est tout, sauf du réalisme.

 





Sôseki – Une journée de début d’automne

15 04 2012

Quatrième de couverture :

« Un jour, tandis que j’étais dans mon bureau, occupé comme d’habitude à confier au papier des choses mélancoliques, un bruit étrange est parvenu à mon oreille. La véranda bruissait. On aurait d’abord pu croire qu’une femme avançait en retenant le bas de son kimono de soie, mais le froissement de l’étoffe sur le plancher était trop vif pour un simple bas de robe. J’ai alors comparé ce bruit au crissement des plis de l’ample pantalon que porte le chambellan, lors de la fête des Poupées, évoquant le glissement de la soie sur les marches du palais fictif. Laissant mon roman, je suis sorti sur la véranda, le stylo entre les doigts : le moineau de Chine prenait son bain. »

Contenu :

  • Le soir de mon arrivée à Kyôto ;
  • Le moineau au bec rose ;
  • Le professeur Koeber ;
  • L’adieu au professeur Koeber ;
  • Bruits étranges ;
  • La lettre ;
  • Une journée de début d’automne.

Mon avis :

Sôsiki est maître dans l’art d’écrire sur des choses simples de la vie qui nous semblent, de premier abord, complètement insignifiantes et de les rendre merveilleuses. Je suis impressionnée par ce talent car quand on lit un de ses « contes », ce sont bien des contes qu’il nous chuchote à l’oreille, on est transporté vers un bonheur simple. Ces bonheurs, on peut aisément les retrouver dans la vie de tous les jours, il suffit d’y être attentif.

Dans ce livre, Sôseki écrit sur son arrivée à Kyôto, un moineau, un professeur d’université d’origine allemande, de bruits qu’il entend, d’une lettre et pour finir, d’une journée de début d’automne. Tout semble anodin mais à y regarder de plus près, le bonheur se retrouve dans tous ces moments de la vie.

Au passage, je vous conseille aussi de lire les haïkus de Sôseki : un pur moment de bonheur et de paix intérieure.

 





Yoko Ogawa – Une parfaite chambre de malade suivi de La désagrégation du papillon

5 04 2012

Quatrième de couverture :

« Une jeune femme vient de confier sa grand-mère à une institution médicalisée. Dépendante, silencieuse et immobile, la vielle dame semble peu à peu s’effacer de toute réalité. Dans la mémoire et l’inconscient de sa petite-fille, la solitude est immense…

Une jeune fille apprend que son frère, malade, doit passer les derniers mois de sa vie à l’hôpital. Jour après jour elle lui rend visite et leur intimité s’accroît, au rythme des saisons, dans la quiétude de la chambre blanche.

Dans ces deux nouvelles, Yoko Ogawa n’évoque pas simplement la douleur de la mort ou la violence de la maladie, elle explore un sens très particulier, le passage de la vie à l’absence qui induit un remarquable accomplissement des sentiments avant leur inscription dans la mémoire. »

Mon avis :

Une parfaite chambre de malade

Une sœur, un frère. Le frère tombe gravement malade et est hospitalisé. Sa sœur se pose des questions sur ses relations avec sa mère (décédée brutalement et malade mentalement) son frère et son mari. Elle recherche la sécurité dans la chambre d’hôpital (nette) de son frère qui est l’opposé de ce qu’elle a toujours connu (le désordre). Elle cherche également la sécurité dans les bras du médecin de son frère (pas de sexe !) qui semble aussi être l’opposé de son mari toujours absent.

C’est l’univers typique de Yoko Ogawa dont je ne me lasse pas.

La désagrégation du papillon

Une jeune femme se voit obligée de placer sa grand-mère en institution spécialisée après l’avoir soignée. Cette jeune femme finit par se rechercher en se questionnant sur son passé, sa vie amoureuse, le comportement de cette grand-mère qui l’a élevée. Le jeune femme n’entrera plus dans certaines pièces de la maison et à la fin, il y a une très belle scène avec un papillon qui résume, en quelque sorte, la condition humaine.

Encore du beau Yoko Ogawa. Je suis incontestablement une fan !





Lila Azam Zanganeh – L’enchanteur : Nabokov et le bonheur

4 02 2012

 

Quatrième de couverture :

« Parmi les innombrables ouvrages consacrés à Vladimir Naboko, celui de Lila Azam Zanganeh constitue une exception. Loin des biographies et des monographies de toutes sortes, c’est à une visite guidée très personnelle de l’imaginaire de Nabokov que nous convie ce livre, entre essai et fiction. Une promenade littéraire qui, sur le mode ludique, nous introduit au cœur même de cette œuvre labyrinthique, et dont le fil d’Ariane n’est autre que le bonheur. Initiation à la littérature, ce texte est aussi un acte de foi dans le pouvoir des mots »

Mon avis :

J’ai découvert Lila Azam Zanganeh lors du Book club au Bozar de Bruxelles en septembre 2011. Lila anime le book club un mois sur deux car un mois sur deux le book club se fait en français, l’autre mois en néerlandais.

Au book club du mois de janvier, j’ai craqué pour le livre de Lila qui tombait à point puisqu’au mois de novembre on avait parlé d’un livre de Nabokov : « Lolita ».

Dés le départ, on est plongé dans l’univers de Nabokov et c’est un vrai plaisir de parcourir les pages de « mode d’emploi » des œuvres de Nabokov. Il est toutefois utile d’avoir déjà lu, au moins, un roman de VN (pour reprendre les initiales utilisées dans le livre de Lila) afin de mieux saisir cet univers.

Lila m’a donné envie de lire d’autres œuvres de Vladimir Nabokov, ce livre est un pur bonheur pour le lecteur.

A travers l’écriture, j’ai eu l’impression d’entendre Lila parler car Lila s’exprime de la même manière par l’écriture qu’à l’oral. C’est très agréable.

Si vous avez envie de connaître Vladimir Nabokov d’une manière originale, ouvrez ce livre, vous ne le regretterez pas. C’est un moment pur bonheur assuré.

 

 





Susan Fletcher – Un bûcher sous la neige

14 11 2011

Quatrième de couverture :

« Au cœur de l’Ecosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d’une prison putride le Révérend Charles Leslie, venu d’Irlande espionner l’ennemi, l’interroge sur les massacres dont elle a été témoin.

Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s’élève au-dessus des légendes de sorcières, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu, la créature maudite s’efface ; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérend retourne à sa table de travail, les lettres qu’il brûle d’écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi.

Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir, à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l’attend le supplice d’un agneau. »

Mon avis :

« Un bûcher sous la neige » fait parti de ses livres qui vous prennent aux tripes. L’écriture est tellement intense que vous ressentez la morsure de la neige sur votre peau, que vous sentez le bise du vent sur vos joues, que vous sentez l’eau glacée gonfler vos cheveux et caresser votre corps sous la cascade. Vous vivez le livre.

Au début de l’histoire, le Révérend Charles Leslie est septique quant à savoir si Corrag est un être humain. Il est convaincu que c’est une sorcière. Mais au fil de l’histoire, son regard change et le nôtre également. Corrag se dévoile petit à petit et le révérend la voit enfin comme un être humain à part entière. Il ouvre les yeux sur sa propre expérience de vie et commence à se remettre en question. Il ira même jusqu’à se sentir comme un père pour cette jeune fille menacée de la peine capitale pour quelque chose qu’elle n’a pas commis.

Ce livre m’a fait voyager d’Angleterre en Ecosse, m’a fait traverser des paysages sur le dos d’une jument blanche, m’a fait vivre des émotions et sensations très fortes.

Je pense que c’est la première fois qu’un livre me fait un tel effet. Pourtant, il y en a des livres qui m’ont fait m’évader, mais celui-ci était plus fort en émotions.

Ouvrez-le et vous comprendrez.








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