Primo Levi – Si c’est un homme

1 10 2011

Quatrième de couverture :

« On est volontiers persuadé d’avoir lu beaucoup de choses à propos de l’holocauste, on est convaincu d’en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l’accumulation, on a envie de crier grâce. C’est que l’on n’a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l’état du malheur. Peu l’ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l’air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n’est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité. » Angelo Rinaldi

Mon avis :

Voici un témoignage pour que l’on n’oublie pas. Primo Levi nous décrit son vécu à Auschwitz et ce sans faux sentiments. C’est cru, c’est la vérité dans sa nudité, dans justesse. On ressent une sorte de mur que l’auteur met entre lui et ce qu’il a vécu au camp de concentration. Serait-ce une protection pour ne pas sombrer, pour mieux surmonter, pour oublier sans oublier ? Il est difficile de répondre et de savoir.

Il ne faut pas se méprendre, ce n’est pas un roman, c’est bien un témoignage et c’est dur. Il est relativement difficile de dire quoique ce soit sur ce livre. Afin d’éviter un grand discours dans lequel je me fourvoierai certainement, quelques extraits :

Extrait P.57 :(Steinlauf explique à Primo Levi pourquoi il fait quotidiennement sa toilette)

« […] Nous sommes des esclaves, certes, privés de tout droit, en butte à toutes les humiliations, voués à une mort presque certaine, mais il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c’est la dernière : refuser notre consentement. Aussi est-ce pour nous un devoir envers nous-mêmes que de nous laver le visage sans savon, dans de l’eau sale, et de nous essuyer avec notre veste. Un devoir, de cirer nos souliers, non certes parce que c’est écrit dans le règlement, mais par dignité et par propriété. Un devoir enfin de nous tenir droit et de ne pas traîner nos sabots, non pas pour rendre hommage à la discipline prussienne, mais pour rester vivants, pour ne pas commencer à mourir. »

Extrait P.82 :(Primo Levi est au K.B. suite à une blessure au pied. Il pense à son passé et se demande s’il sortira vivant du camp)

« […] Personne ne sortira d’ici, qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans sa chair, la sinistre nouvelle de ce que l’homme, à Auschwitz, a pu faire d’un autre homme. »

Extrait P. 189 :

« Les personnages de ce récit ne sont pas des hommes. Leur humanité est morte, ou eux-mêmes l’ont ensevelie sous l’offense subie ou infligée à autrui. […] »

Le dernier extrait est le passage qui m’a le plus marquée dans le livre. Cette édition comporte un « Appendice » dans lequel Primo Levi répond aux questions qui lui ont été le plus fréquemment posées. Cette partie apporte des réponses à des questions que je me suis moi-même posées.

Lu dans le cadre du Challenge « Seconde Guerre Mondiale »:


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One response

26 10 2011
Luna

Un livre vraiment bouleversant. Par contre je suis assez étonnée que la mort ne soit pas plus présente…

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